Interview : Pit Spector sort son 1er album « Mindoor » (sur Logistic Records) et vient le présenter en live ce jeudi au Sacré


01 septembre 2020

C'est la rentrée et toujours pas de date de réouverture pour les clubs... Qu'à cela ne tienne ! En attendant des bonnes nouvelles, on relance notre émission quotidienne de streams pour continuer à vous faire découvrir (ou redécouvrir) des djs, labels ou collectifs de talent et qui nous tiennent à coeur de mettre en avant. Et pour bien commencer la saison, on a la chance de pouvoir accueillir ce jeudi un artiste qu'on adore, talentueux et toujours en avance sur son temps : Pit Spector ! Il oeuvre pour la scène électronique underground depuis des lustres et rayonne sur la House "made in France".

Mots : Florent Sales | Photo : Audoin Desforges et Damien Poulain

Il avait déjà sorti nombre d'EPs et maxis sur Minibar ou sur son label Prospector mais jamais de LP à proprement parler. C'est maintenant chose faite et Pit Spector vient donc nous présenter ce jeudi son tout premier album "Mindoor", sorti sur Logistic Records et qui sera disponible le 25 septembre prochain en vinyl (déjà dispo en digital ici ). Un album détonant, "tantôt doux, groove, sexy - tantôt brut et funky", prenant, et vraiment propre techniquement. Un album en forme de voyage initiatique dans la musique électronique grâce aux différentes collaborations, toutes bien senties (Tin Man, San Proper, Dandy Jack, Dave Aju, Ben Vedren, Cuthead, Ark, The Mole, Ernesto Ferreyra). Bref, un disque à avoir dans son bac à skeud en urgence ! -

Jugez plutôt ! Écoutez l'album ci-dessous en lisant l'interview :

Un mot sur Logistic Records : 

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"Logistic Records, fondé en 1996, se concentre sur la musique techno et house influencée par Chicago, Detroit et Berlin. Avec une discographie de plus de 200 disques. Logistic et Telegraph (né en 1999 d'une collab avec Cabanne) ont développé de nombreux projets et collaborations pour constituer une discographie de plus de 100 références. Évolution naturelle après cinq années consacrées à l'organisation de raves et de fêtes, la création du label en 1995 à Montpellier par Alexandre Petit et Éric Dalbin a été la réponse à leur soif de musique techno qui reflète leurs principales influences: hip-hop, jazz et funk. Depuis, le groove est au centre de chaque EP sur Logistic. Soutenant la qualité plutôt que la quantité, la direction artistique du label repose sur des liens solides avec ses artistes."

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Avant de venir décrasser les enceintes du Sacré ce jeudi, Pit Spector de son vrai nom Pierre Deniel, a répondu à ces quelques questions : 

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Comment vas-tu Pit ? Déjà merci ! On est super content de t’accueillir ce jeudi au Sacré pour que tu nous présentes ton 1er album ! Alors, racontes nous, tu as sorti beaucoup d’EP et maxis, comment cela se fait que ce soit ton tout premier album, pourquoi ne pas en avoir sorti avant ?

Salut à vous et merci de m’accueillir au Sacré!
Effectivement depuis 2013 j’ai sorti pas loin de 20 EPs surtout en collaboration avec Ark, Ben Vedren, Antislash et via mon label Prospector qui est à l’origine de cet album. J’ai privilégié pendant cette décennie les EPs car ça me permettait d’assurer des sorties régulières dans un contexte économique où les labels privilégient les « singles ». Ca permettait aussi de voir ma musique diffusée plus rapidement car la création d’un album est un travail de longue haleine!
J’ai le bonheur d’être père depuis 2018 et ça a modifié mon mode de vie et mon approche du temps. J’ai du ralentir la production mais ça m’a permis d’avoir un autre regard sur mon travail. Avec l’aide de Logistic Records j’ai pu prendre le temps de revisiter et de magnifier plusieurs années de travail sur cet album.

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Comment s’est passé la rencontre avec tous les artistes qui ont collaboré sur ce disque ? Tu les connaissais déjà auparavant ou tu les as contacté spontanément pour créer ensemble ?

Cet album est issu de mon projet Prospector qui combinait résidence artistique, soirées et label. Avec mon associé Matthieu Bellaiche, nous avons listé les artistes qui nous faisait vibrer et avec lesquels il était possible de travailler. Tous les artistes ont passé une semaine dans mon studio à Montreuil et ça à été à chaque fois des rencontres très enrichissantes et créatives. Je connaissais certain artistes comme Ark, Ben Vedren et San Proper mais j’ai rencontré la plupart des musiciens dans le cadre de Prospector.

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On sent que tu as pris du plaisir à travailler sur ces morceaux en tout cas ! Pas trop dur de collaborer avec autant d’artistes sans perdre sa propre identité ? Il y avait un fil rouge ?

Ca a été un gros travail de choisir dans plus de 40 morceaux avec des sessions réparties sur trois années! Je dirais que le fil rouge est mon studio. Je voulais que l’album reflète l’ouverture et la liberté que je peux y retrouver. J’adore travailler en collaboration avec d’autres artistes et leur permettre de s’approprier mon espace. Ma touche se retrouve au niveau de l’arrangement et du mixage ainsi que dans le choix des morceaux.

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Logistic records, c’est un grand, un énorme label français de techno et house depuis 1995, décliné en Telegraph pour la micro house en 1999. Comment s’est faite la rencontre avec eux ?

Logistic est un label fondateur pour moi, j’ai grandi en écoutant les mixes et surtout l’album de Daniel Bell, J’ai participé à de nombreuses soirées du label dans les années 2000 et c’est un honneur de sortir cet album avec eux. L’idée de l’album à débuté lors d’une soirée au Zero Zero Bar où je travaillait à l’époque. J’ai fait écouter à Alexandre Petit les sorties que je prévoyais pour Prospector et il est devenu fou sur Layback (le morceau avec Tin Man). Dès lors, il ne m’a plus lâché! (lol). C’est arrivé à une période où j’attendais mon fils et où je n’ avait plus le temps de m’occuper de Prospector. J’ai aussi réalisé en travaillant avec Logistic le vrai travail qu’implique un label et en tant que musicien/producteur, je me suis rendu compte qu’il est parfois contreproductif de vouloir endosser toutes les casquettes.

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On adore le visuel de ta pochette ! C’est une photo prise par Audoin Desforges en collaboration avec Damien Poulain sur les toits de Paris. Ça rend vraiment bien, tu étais serein sur les toits, pas de vertiges ? C’est toi qui a choisi la collaboration avec ces artistes ?

Je suis très content de la pochette, c’est une proposition de Logistic et ça m’a aussi permis de me concentrer sur la musique tandis que sur Prospector je passais beaucoup de temps à gérer cet aspect (en particulier avec les pochettes créées par O’Clock, une grande fierté mais beaucoup de boulot!)

Je dois avouer que ça n’a pas été des plus simple de faire ce shooting. Je me suis rendu compte que j’avais grave le vertige! J’ai tenu… 10 mn sur le toit! Sans lunettes avec un masque et un drap qui prenait le vent au septième étage, c’était pas vraiment le septième ciel!
Rendons à César ce est à César, j’ai fini par passer la main à Damien Poulain qui est resté 2 heure sans ciller là haut. Je leur tire mon chapeau!
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Comment as-tu vécu toute cette période disons plutôt « morose » ? As-tu réussi à t’échapper et à te créer une bulle pour composer ?

Comme pour tout le monde il a fallu s’adapter. J’ai passé beaucoup de temps avec mon fils et même si ça a été très fatiguant j’ai appris a profiter de cette période avec ma famille. C’est une vrai remise en question pour le monde de la nuit et beaucoup de problématiques demeurent dans le contexte actuel et dans le même temps ça m’a donné le temps de faire le bilan sur presque 15 ans de carrière musicale. Difficile de créer une bulle créative avec un petit dans les bras mais j’ai appris a m’adapter et à envisager la création sur un temps plus long et organisé différemment ce dont l’album témoigne.

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On sent que « Mindoor » - même si il s’écoute parfaitement au casque ou à la maison - est quand même bien taillé pour le dancefloor, as-tu pu le tester avec un gros soudsystem en club ? Et justement, as-tu des dates de prévues dans les prochains mois ?

Ca à été notre pari sur cet album de présenter des morceaux touchant différents styles des musiques électronique sans pour autant être une compile aussi on a beaucoup travaillé sur l’ordre des morceaux. Comme vous l’avez très bien souligné, l’album à une partie plus destinée à l’écoute et une partie plus dancefloor ce qui reflète ma vision de la musique électronique. Je n’ai pas encore eu le plaisir de le jouer en public à cause du virus mais il me tarde de tester ce jeudi au Sacré et je jouerai à Saint Denis le 13 Septembre prochain à l’Espace Imaginaire à Saint Denis.
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Merci d’avoir répondu à nos questions ! Et rendez-vous jeudi à 18h !
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