Get To Know CC:DISCO!, la reine du "Grattez-vous moins, dansez plus !"


12 mars 2020

La DJ originaire de Melbourne et basée en Europe, patronne de label, organisatrice de soirées et animatrice radio, s'est confiée à Mixmag et traite de sa vision de la fête.

WORDS: BEN JOLLEY | PHOTO: ALAN WEEDON | 26 APRIL 2019 | TRANSLATION : FLORENT SALES

CC: DISCO! rêve d'une fête plus libérée, elle souhaiterait que les gens s'expriment davantage sur la piste de danse, qu'ils pleurent seul, fassent des calins à de parfaits inconnus ou qu'ils retirent leurs vêtements. "Je pense que les gens se sont perdus en essayant de se montrer, d’avoir l’air cool et de rester entre eux", explique CC. "La musique, ce n'est pas ça!"

Depuis qu'elle a commencé à mixer vers ses 20 ans, l'australienne a égayé les clubs et les festivals partout où elle est passée avec ses sélections exubérantes et pleines d'amour, de house, de disco et de funk. CC a une idée en tête : elle veut que les gens oublient vraiment leurs problèmes et leurs tracas quotidiens quand ils viennent en club. "Plusieurs fois j'ai vu des gens pleurer sur le dancefloor et cela m'a fait réaliser à quel point ce travail de dj peut être puissant et important, et comment la musique peut vraiment affecter les gens qui traversent une période difficile", dit-elle. "La musique a une telle influence sur les gens, leur sensibilité, leur moral : j'ai vu un mec pleurer tout seul sur une une chanson de gospel, alors je me suis approché de lui, je lui ai fait un gros câlin et j'ai fait en sorte que tout le monde autour le serre dans ses bras. Ce fût l'un des meilleurs moments que j'ai jamais connu en tant que DJ."

Courtney n'était pas forcément prédestinée à devenir une DJ, en fait il n'y avait pas de vraies scènes à Melbourne là où elle a grandi. "Les DJs d'où je viens étaient du genre à mixer "Blow My Whistle Bitch" (de DJ Aligator Project) avec "Livin' On A Prayer" (de Bon Jovi) et ensuite il y aurait une baston... c'était ça, "le club" à l'époque à Melbourne", dit-elle en riant. Après avoir fait partie de plusieurs groupes de rock à l'adolescence, elle ne découvre finalement la Dance music qu'un peu plus tard à l'université. "Cela m'a pris du temps", dit-elle. Elle débarque dans sa première rave party à l'âge de 17 ans, et y découvre les pionniers australiens Itchy & Scratchy. "Tout le monde a lâché prise pendant leur set et c'était une expérience beaucoup plus intense et vivante que les concerts de rock auxquels j'allais. On voyait que tout le monde prenait son pied et c'est ce qui m'a attiré dans la dance music : l'ambiance affectueuse et attentionnée. "

C'est ce genre d'énergie et de moments de partage que Courtney a voulu garder, et transmettre aux gens grâce à ses sets, puis également très vite dans les soirées Club Coco qu'elle organise et qui vise à soutenir les talents locaux tout en rassemblant les gens. «Tout le monde est le bienvenu», dit-elle; «Je ne veux pas que quiconque se sente jamais exclu d'un de mes événements, que ce soit en raison de son âge, de son sexe, de sa sexualité ou de toute autre chose. J'ai adoré la dernière soirée parce que quand j'ai regardé autour de moi à cinq heures du matin, il y avait un couple d'une soixantaine d'année et puis il y avait aussi des jeunes de 18 ans, qui dansaient tous ensemble - c'était touchant, et réconfortant, et c'est la façon dont la fête devrait tout le temps être : sans barrières ni limites ». 

Maintenant basée à Lisbonne et avec une résidence Rinse FM à son nom ainsi que son propre label CC:Editions, Courtney ne chôme pas, et elle se prépare pour un été chargé en dates en club et en festivals. Retrouvez-la ce samedi 14 mars au Sacré aux côtés de Turnbalism et Soulist. «Ce que je fais en ce moment est exactement ce que j'ai toujours voulu», dit-elle.

Les vêtements, les larmes et les masques chirurgicaux, sont facultatifs.

Ben Jolley est un journaliste indépendant et un contributeur régulier de Mixmag, suivez-le sur Twitter. Traduction par Florent Sales (Sacré)

CC:DISCO! @THE GAIN by RA stage, DGTL Amsterdam 2018 :

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